3 techniques d’auto-défense de votre corps contre les intoxications

Chère lectrice, cher lecteur,

Quand on est cloué au lit, grelottant, qu’on a mal au ventre ou à la tête, on a tendance à oublier le formidable pouvoir de notre corps pour se soigner.

Contre les infections en tout genre, notre organisme met en place une stratégie extrêmement complexe qui lui permet de lutter efficacement contre les envahisseurs.

J’ai eu l’occasion de m’en souvenir en début de semaine, après une grosse intoxication alimentaire.

Cela passe par au moins 3 techniques de défense très puissantes.

1. Cet allié trop souvent méprisé

La fièvre a souvent mauvaise réputation. On la prend pour une maladie qu’il faudrait éradiquer à coups de paracétamol alors que c’est un processus naturel de notre organisme pour nous aider.

Elle survient généralement quand un microbe (bactérie, virus, parasite…) pénètre le corps, le plus souvent par notre système respiratoire ou digestif.

Lorsque nos globules blancs détectent l’intrus, ils libèrent des substances dites « pyrogènes » qui vont déclencher le processus de fièvre.

La température monte.

Alors oui, la fièvre peut être gênante, désagréable, et on peut avoir envie de la stopper au plus vite. Mais quand cela m’arrive, je fais tout le contraire : je prends un bain très chaud, puis j’enfile plusieurs couches de vêtements.

Le réchauffement de notre corps retarde la croissance et la reproduction des bactéries et des virus. Un virus aussi dangereux que celui de la poliomyélite par exemple, qui provoque des handicaps à vie, voit sa vitesse de reproduction diminuer de 99 % lorsque la température passe de 38,5 °C à 39 °C[1] !

La fièvre augmente aussi la production et la prolifération des globules blancs, ainsi que la production d’anticorps. Elle contribuerait ainsi à nous remettre sur pied plus rapidement[2].

C’est pourquoi donner un simple cachet d’aspirine ou de doliprane à une personne infectée par un virus peut avoir des conséquences négatives : en faisant baisser l’inflammation et la température, vous donnez en réalité un coup de pouce au virus, et vous freinez la bonne marche de votre réaction immunitaire.

Sur le long terme, vous pourriez ainsi rendre votre système immunitaire moins réactif.

Avoir de la fièvre est une bonne chose, que nous devrions donc accepter dans la mesure du possible. En cas de fièvre, pensez aussi à bien vous hydrater (car on transpire beaucoup).

Bien sûr, il y a certains cas où la fièvre peut devenir problématique : si votre température dépasse 40 °C ou reste haute pendant plusieurs jours, il vous faudra consulter un médecin immédiatement.

2. Diarrhées, vomissements… ça fait du bien quand ça s’arrête !

Sur le moment, on passe un sale quart d’heure. Mais vous avez déjà remarqué comme on se sent bien après !

C’est normal : comme la fièvre, les diarrhées et les vomissements sont des stratégies naturelles de votre corps pour évacuer des toxines ou des germes infectieux de l’organisme.

Quand on a un intrus dans le système digestif, la meilleure technique pour y faire face, c’est de l’évacuer (pas besoin de vous faire un dessin).

Le vomissement est le réflexe le plus immédiat. Il permet de ressortir les germes infectieux dès qu’ils arrivent dans l’estomac.

Certains chimiorécepteurs de l’estomac et de l’intestin détectent alors la présence indésirable et envoient un message dans une région du tronc cérébral, appelée « centre du vomissement ».

Et alors c’est tout un mécanisme qui se met en place.

Ça commence par une salivation et une sensation de nausée. Puis un mouvement ramène le contenu de l’intestin grêle dans l’estomac. Un réflexe ferme aussi la glotte et bloque les voies aériennes supérieures (pour éviter que le vomissement ne passe par la trachée).

Les muscles de la paroi abdominale se contractent et la pression augmente. Enfin, le sphincter œsophagien se relâche… et c’est l’expulsion[3] !

Grâce à ce charmant dispositif, votre organisme se débarrasse en quelques secondes de la majorité des microbes et des toxines qui s’en prenaient à vous.

Quant à la diarrhée, elle intervient dans un second temps : lorsque les microbes ont eu le temps de coloniser plus en profondeur l’intestin, seule une vidange totale permettra de les déloger.

Et les éventuels survivants seront pris en charge par vos cellules immunitaires (avec l’aide de la fièvre comme on l’a vu).

Comme pour la fièvre, il est très important de boire beaucoup d’eau en cas de vomissement ou de diarrhée et contacter son médecin en cas de symptômes inhabituels (présence de sang, douleur à la poitrine, etc.) ou si votre état se prolonge.

3. Moins manger pour mieux guérir

Je ne sais pas vous, mais quand je suis malade, j’ai rarement faim. Et il y a une bonne raison à cela. Notre corps a besoin de toute son énergie pour lutter contre le virus ou la bactérie. Mettre la digestion au repos permet à l’organisme de se focaliser pleinement sur la guérison.

Si notre intestin est occupé à combattre l’infection, on évitera donc de lui donner une charge de travail supplémentaire.

Il m’est déjà arrivé de jeûner pendant plus de deux jours après une intoxication alimentaire. Non pas par choix, mais parce que la simple vue de nourriture me donnait la nausée.

Cela dit, s’abstenir totalement de manger n’est pas toujours une bonne idée. Le processus de guérison est très épuisant et nécessite beaucoup d’énergie. Cela peut donc être bien de manger des plats légers, sans se forcer. Par exemple un bouillon ou une soupe, comme le faisaient déjà nos grands-mères.

Il faut surtout éviter les plats lourds et peu digestes : produits gras, friture, sucre, alcool, produits laitiers, épices…

Mais quand on est nauséeux, on a rarement envie d’une bière avec un morceau de camembert…

Il suffit souvent de s’écouter.

Quand notre corps est malade, il sait très bien de quoi il a besoin. Vous saurez immédiatement si une pomme vous fait envie ou si l’idée de la manger vous écœure.

Vous sentez tout de suite si vous avez plutôt envie de vous mettre au chaud sous votre couette ou d’aller courir sous la pluie.

Et avec l’expérience, vous savez aussi à quel moment ce que vous vivez est normal et passager, et à quel moment vous devez vous inquiéter et demander de l’aide.

Quand tous ces signaux ne sont pas étouffés par des médicaments, la maladie peut être un excellent moyen de se reconnecter à ses instincts, pour être plus à l’écoute de nous-même et de nos besoins.

Notre corps sait ce qu’il fait. On peut lui faire confiance.

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Émission tournée à l’Institut Pasteur, avec la participation du professeur LWOFF, prix Nobel, de Jacques MONOD, prix Nobel, du professeur GIRARD, spécialiste de la rage et du professeur Claude HANNOUN, spécialiste de la grippe.

[2] Sullivan, Farrar, « American Academy of Pediatrics Clinical Report: Fever and Antipyretic Use in Children », Pediatrics, février 28, 2011.

[3] William Ganong, Michel Jobin, Physiologie médicale, éd. De Boeck Université, 2005, pp. 219-220

Une réponse à “3 techniques d’auto-défense de votre corps contre les intoxications”

  1. Mazur dit :

    Bonjour,
    A propos des tisanes, serait-il possible d’acheter uniquement les 2 paquets prévus pour la saison hivernale.
    Si c’est possible, indiquez moi le moyen de paiement.
    À bientôt
    Mazur

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