Partis pour des prunes

Chère lectrice, cher lecteur,

Nous sommes en 1147, en pleine période des croisades.

Emmenés par le roi Louis VII, des milliers de soldats de toute l’Europe s’en vont conquérir la Terre Sainte. 

Cette expédition militaire sera un cuisant échec.

En 1150, Louis VII rentre en Occident sans avoir connu la moindre victoire.

La légende raconte alors que les Croisés, pour ne pas rentrer bredouilles, ramenèrent en Europe des pruniers de Damas.

Ils devinrent la risée populaire : « ils sont partis pour des prunes ! », raconte-t-on dans les tavernes.

C’est ainsi que serait née l’expression qui, de nos jours, signifie : « pour rien ». 

Mais ces mauvaises langues étaient loin de se douter que, 850 ans plus tard, des études scientifiques révéleraient l’immense potentiel de ces prunes pour la lutte contre l’ostéoporose.

« Les fruits les plus bénéfiques pour les os que j’aie étudiés »

Taylor C. Wallace, du Département d’étude de l’alimentation et de la nutrition de Washington, a réalisé une revue d’étude[1] sur l’utilisation de Prunus domestica (c’est le nom scientifique de ce fruit) sur la perte osseuse en cas d’ostéoporose.

Il a étudié dans le détail 24 études sur le sujet, dont 4 essais cliniques.

Les conclusions sont époustouflantes.

Selon le chercheur, Prunus domestica :

  • Favoriserait la formation osseuse
  • Empêchent la résorption osseuse (déminéralisation des tissus osseux)
  • Et aurait même un effet positif sur la densité minérale osseuse.

Le Pr Bahram Arjmandi, professeur du Département de la nutrition, l’alimentation et la science de l’État de Floride, partage cet enthousiasme[2] :

« Les pruneaux sont les fruits les plus bénéfiques pour les os que j’aie étudiés. C’est la solution naturelle pour maintenir une bonne santé osseuse. Pendant ma carrière j’ai testé beaucoup de fruits, y compris les figues, les dattes, les fraises et les raisins, mais aucun ne s’approche des résultats obtenus par ce fruit[3]. »

Action mystérieuse

Pour l’instant, on ne sait pas vraiment d’où vient l’action des pruneaux sur les os, mais les scientifiques ont fait des hypothèses. Tout d’abord, ce fruit est riche en fibres, vitamine K, bore, cuivre et magnésium qui sont des nutriments importants pour la santé osseuse. 

Ils sont aussi riches en polyphénols, ces molécules réputées pour leur vertu antioxydante. Les pruneaux ont d’ailleurs été classés parmi les fruits et légumes les plus efficaces dans la lutte contre l’oxydation provoquée par les radicaux libres[4].

Il est aussi probable que la rutine, un flavonoïde présent en grande quantité dans les prunes et d’autres baies, exerce un effet protecteur sur la perte osseuse, comme le démontre une étude sur des rats[5]

Combien dois-je manger de pruneaux par jour ?

Une étude[6] réalisée sur 48 femmes ménopausées et ostéopéniques (souffrant de perte de la densité osseuse) a permis de fixer la dose minimale efficace.

Les participantes ont été séparées en trois groupes : le premier recevait 100 g de pruneaux par jour, le second 50 g et le dernier servait de groupe contrôle. Après six mois, la densité osseuse a été réévaluée. 

À nouveau les résultats ont été sans appel : les deux doses consommées (50 et 100 g) ont montré leur capacité à empêcher la perte de densité osseuse au niveau de l’ensemble du corps. Les premiers effets sont apparus dès le troisième mois et ont perduré par la suite.

Notez que cela revient à consommer entre 3 et 7 pruneaux par jour.

Évidemment, manger des pruneaux ne suffira pas à soulager votre ostéoporose, mais cela peut être un bon réflexe après la ménopause pour limiter la perte osseuse.

En plus de cela, il est important d’adopter une approche globale (alimentation, activités spécifiques, apports en minéraux afin d’empêcher la perte osseuse et de consolider les os).

Si vous souffrez d’ostéoporose

L’un des premiers éléments à prendre en compte lorsqu’on souffre d’ostéoporose est l’équilibre acido-basique du corps. 

Pour être en bonne santé il faut que le PH sanguin se situe entre 7,36 et 7,42. En dessous de ce seuil, on souffre d’acidose. C’est-à-dire que les déchets acides générés par la digestion de certains aliments ou par le recyclage de nos cellules sont trop nombreux pour être assumés par le corps.

Dans ce cas, celui-ci se met à sécréter des cytokines (protéines de communication) qui activent les ostéoclastes (cellules responsables de la perte osseuse). 

Le Dr Seignalet, immunologue réputé, est le premier à avoir découvert le lien entre l’hyperperméabilité intestinale et les maladies auto-immunes. Il a créé un programme alimentaire hypotoxique, très utile en cas d’acidose :

  1. Supprimer les produits laitiers et les dérivés qui sont difficiles à digérer.
  2. Supprimer les céréales modernes bourrées de gluten (blé, froment, grand épeautre, maïs, orge, seigle).
  3. Favoriser la cuisson à basse température pour éviter de dénaturer les protéines. Éviter les cuissons à plus de 110°C.
  4. Manger beaucoup de légumes et de fruits, bio et frais. Ces aliments sont riches en sels minéraux et en vitamines importants pour la santé osseuse.
  5. Diminuer le sel, car la surconsommation provoque une perte de calcium.
  6. Limiter l’apport de phosphate pour ne pas aggraver la déminéralisation. On en trouve surtout dans les sodas et les boissons gazeuses.

Vous pouvez également boire régulièrement des infusions de plantes reminéralisantes, comme l’ortie ou la prêle.

Surveillez également vos apports en vitamine D. Celle-ci joue un rôle fondamental dans l’absorption du calcium par l’organisme. Elle est donc essentielle à la lutte contre l’ostéoporose.

Des études récentes ont aussi mis en évidence le lien entre la vitamine K (1 et 2) et la vitamine D : ensemble elles sont encore plus puissantes et permettent d’augmenter la densité osseuse tout en ralentissant la perte

On trouve de la vitamine K1 dans les légumes verts comme la laitue, le brocoli ou les épinards et les huiles végétales.

Quant à la vitamine K2, on peut la trouver dans les viandes ou les produits fermentés comme le fromage, le miso (pâte de soja fermentée) ou le nattō.

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Taylor C. Wallace, Dried Plums, Prunes and Bone Health: A Comprehensive Review, Nutrients. 2017 Apr; 9(4): 401.

[2] Hooshmand S, Chai SC, Saadat RL et alii. Comparative effects of dried plum and dried apple on bone in postmenopausal women. Br J Nutr. 2011 Sep;106(6):923-30.

[3] Propos rapportés par : Sayer Ji, “Dried Plums Slow Bone Loss in Aging”, Greenmed Info, 16.08.2019.

[4] Taylor C. Wallace, Dried Plums, Prunes and Bone Health: A Comprehensive Review, Nutrients. 2017 Apr; 9(4): 401.

[5] Horcajada-Molteni M.N., Crespy V., Coxam V., Davicco M.J., Rémésy C., Barlet J.P. Rutin Inhibits Ovariectomy-Induced Osteopenia in Rats. J. Bone Miner. Res. 2000;15:2251–2258.

[6] Hooshmand S, Kern M, Metti D et alii. The effect of two doses of dried plum on bone density and bone biomarkers in osteopenic postmenopausal women: a randomized, controlled trial. Osteoporos Int. 2016 Jul;27(7):2271-2279.

11 réponses à “Partis pour des prunes”

  1. GARAGNON dit :

    Bonjour,
    Peut-on ajouter à ces traitements pour l’ostéoporose,
    celui de l’homéopathie : Rexorubia de Leyning, pour
    les troubles de la croissance et de la minéralisation ?
    En vous remerciant de votre réponse,
    bien cordialement,
    Evelyne

  2. RICCI dit :

    Bonjour, J’adore les pruneaux mais j’ai peur d’en manger comme vous l’indiquez (3 à7 par jour) en effet j’ai des diverticules, pensez vous que cela puisse me causer du tord ??? Merci pour votre attention

  3. luc forner dit :

    en debut d’article vous dites de suprimer les produits laitiers et leur derives puis en fin d’article pour la vita K il faut consommer du fromage? le fromage ne serait pas un produit laitier?

  4. Isabelle dit :

    Bonjour, merci beaucoup pour toutes vos lettres très instructives et limpides.
    Ma mère souffre d’ostéoporose et refuse les traitements médicaux qui l’effraient. Vos conseils sont très précieux, pouvez-vous approfondir ce sujet? En discutant avec d’autres patients à la consultation médicale ma mère s’est rendu compte que les informations sur ce sujet font gravement défaut.
    Merci d’avance pour votre intérêt.
    Tout le meilleur pour vous
    Isabelle

    • Florent dit :

      Bonjour Isabelle,
      Merci pour votre message. Effectivement, il est difficile de trouver des informations complètes sur ce sujet. J’ai déjà abordé l’ostéoporose à plusieurs reprises. Vous pourrez retrouver d’anciennes lettres sur le site de PureSanté. Pour des dossiers plus approfondis, vous pouvez aussi vous tourner vers notre revue Révélations Santé & Bien-Être, où nous laissons la parole à des spécialistes.
      Amicalement,
      Florent

  5. Brigitte dit :

    Bonjour Florent,
    Merci pour cet article intéressant et je vous pose la même question que Yolande.
    Merci de bien vouloir nous répondre.
    Cordialement
    Brigiitte

    • Florent dit :

      Bonjour Brigitte,
      Comme je l’ai dit à Yolande, toutes les études que je cite dans cet article ont été faites avec des pruneaux (prunes séchées). Je n’ai pas trouvé d’informations significatives sur les prunes fraîches en cas d’ostéoporose.
      Amicalement,
      Florent

  6. Yolande HERMES dit :

    vous parlez de pruneaux (donc prunes séchées ). Les prunes fraîches ont-elles le même effet ? Merci d’avance pour votre réponse. Yolande

    • Florent dit :

      Bonjour Yolande,
      Toutes les études que je cite dans cet article ont été faites avec des pruneaux (prunes séchées). Je n’ai pas trouvé de travaux scientifiques intéressants sur les prunes fraîches en cas d’ostéoporose. Je ne peux donc pas vous dire si celles-ci ont le même effet que les pruneaux.
      Amicalement,
      Florent

  7. Andrée Scarafia dit :

    Merci pour toutes ces informations si précieuses..

  8. canti dit :

    Vous ne répondez pas aux courriels

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