Intolérances alimentaires : la grande mode des tests de dépistage

Chère lectrice, cher lecteur,

Je me souviens qu’à une époque pas si lointaine, personne ne parlait d’intolérance alimentaire.

C’était un mot qui n’existait pratiquement pas dans notre vocabulaire.

Aujourd’hui, on trouve des personnes intolérantes à presque tout : aux abricots, aux champignons de Paris, au tabac ou à un parfum.

Je connais même une personne qui est intolérante… à ses chaussures (à cause de la résine utilisée par certains fabricants).

Que s’est-il passé pour que cela change aussi vite ?

Plusieurs explications sont possibles :

  • Notre mode de vie citadin, l’excès d’hygiène, les ondes ou encore la malbouffe nous auraient rendus plus sensibles à certaines substances
  • Nous sommes plus à l’écoute de notre corps qu’autrefois (hypersensibilité) : avant, on ne se doutait pas que nos problèmes digestifs ou nos maux de tête pouvaient être causés par certains aliments
  • Nous sommes plus exposés à certaines molécules : les farines actuelles contiennent par exemple beaucoup plus de gluten que les farines anciennes. Notre seuil de tolérance est donc plus facilement dépassé.

Mais je vois encore une quatrième hypothèse possible : la grande mode des tests de dépistage, dont les résultats ne sont pas toujours fiables.

IGG : pas une mesure fiable

De nombreux laboratoires proposent aujourd’hui des tests en tout genre pour détecter d’éventuelles intolérances. Non seulement ces tests sont souvent très chers, mais en plus, les résultats ne sont jamais garantis.

Les plus connus sont les tests IGG.

Les IGG (immunoglobulines de type G) sont des anticorps qui se manifestent contre toutes sortes de protéines, notamment les protéines alimentaires.

C’est une réponse immunitaire naturelle de notre organisme, mais qui peut provoquer des effets plus ou moins gênants sur notre santé, comme les allergies et les intolérances.

Mais attention : cela ne veut pas dire que les IGG sont des marqueurs fiables pour diagnostiquer une intolérance.

C’est ce qu’explique le naturopathe Sylvain Garraud, dans un article paru récemment dans la revue Révélations Santé & Bien-Être :

« Dans son livre sur l’hyperperméabilité intestinale chez le sportif, le Dr Riché[1] a procédé à une mesure des IGG de 10 aliments usuels sur 34 sportifs de haut niveau : certains souffraient de troubles physiologiques évocateurs d’une hyperperméabilité intestinale et d’autres – des sportifs témoins – étaient exempts de symptômes cliniques.

Résultat : les IGG étaient parfois supérieures chez les « sains » que chez les malades ![2]»

En réalité, un taux élevé d’IGG indique simplement qu’il y a une réaction immunitaire à des peptides alimentaires qui ont passé la barrière intestinale.

Mais cela ne permettrait pas de déduire si nous sommes intolérants ou non à un aliment.

D’autres tests de dépistage contestés

Si vous soupçonnez une intolérance au gluten ou aux produits laitiers, vous pouvez aussi demander une peptidurie par un laboratoire d’analyses médicales pour environ 80 euros.

Ce test, non remboursé, informe sur la présence de peptides opioïdes dans les urines, résultat d’une mauvaise assimilation du gluten du blé et de ses dérivés ainsi que de la caséine des produits laitiers.

Pour un peu moins de 100 euros, vous pouvez aussi faire un test sanguin des 22 antigènes alimentaires les plus connus. Et pour un budget plus conséquent (environ 300 euros), vous pouvez tester jusqu’à 270 aliments avec le test ImuPro. Cela reste un investissement… surtout pour des résultats peu fiables.

Car il existe des dizaines de sous-variétés de blés et le mode de préparation modifie la structure des protéines, donc les réactions d’intolérance. Les résultats ne sont donc pas toujours très fiables. On peut par exemple se retrouver avec une intolérance au gluten et pas au blé, au seigle et pas à l’avoine, etc.

Les intolérances au blé peuvent provenir aussi de la mutation des blés modernes par croisement, qui contiennent aujourd’hui 42 chromosomes au lieu de 14 pour l’engrain sauvage.

Sans compter toutes les autres intolérances possibles !

Une solution simple pour détecter une intolérance ?

Il existe d’autres manières de repérer ses intolérances alimentaires sans dépenser des centaines d’euros.

Sylvain Garraud recommande notamment le test Melisa (environ 35 euros) : il s’agit de cultiver certaines de vos cellules immunitaires (lymphocytes mémoires) pendant une semaine en présence de l’allergène suspecté.

Ce test est relativement fiable[3], mais il est spécifique à quelques substances précises (métaux, lait de vache, le gluten, les levures et les mélanges de céréales)

Pour ma part, je vous conseille le test du pouls du Dr Arthur Coca. Il a l’avantage d’être gratuit et vous pouvez le faire facilement vous-même, sans passer par un laboratoire, sans matériel ni aucune connaissance scientifique.

Ce test est basé sur le fait qu’en dehors d’une émotion forte ou d’un effort, le pouls est stable mais que, dès lors que vous ingérez un aliment qui ne vous convient pas, il accélère.

De plus, selon son inventeur, il permettrait de découvrir n’importe quelle intolérance, même non alimentaire : le Dr Coca cite le cas d’une femme qui avait découvert par cette méthode son intolérance au dentifrice qu’elle utilisait depuis des années. C’était la cause de ses migraines.

Si vous voulez en savoir plus sur ce test étonnant, je vous invite à lire cette lettre que j’avais écrite il y a quelques mois sur le sujet.

Avez-vous ces symptômes ?

En dehors des tests de dépistage, certains symptômes peuvent vous mettre sur la piste d’une intolérance.

Les intolérances commencent souvent par des perturbations locales des intestins et des troubles fonctionnels digestifs : diarrhées, constipation, douleurs abdominales, troubles du transit et ballonnements. Cela peut aussi provoquer des ulcères (surtout le lait, le soja et les œufs) ainsi que des colites et autres syndromes de côlon irritable, qui concernent un Français sur quatre.

Ensuite, d’autres symptômes peuvent se manifester, par exemple une prise de poids, une résistance à l’insuline et une hyperglycémie : c’est le syndrome métabolique. Cela peut aussi passer par de la fatigue, un sentiment d’épuisement ou des troubles du caractère.

On assiste également à des désordres ORL comme les allergies ou les sinusites : lorsque les intestins sont encombrés, la voie de sortie la plus proche pour les déchets est… l’autre bout du système digestif !

Après quoi viennent les pathologies cutanées comme l’eczéma et le psoriasis, ou même des pathologies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde, ou encore de l’ostéoporose ou des œdèmes.

Les symptômes étant nombreux et communs, cela explique pourquoi la plupart des intolérants ne sont pas diagnostiqués.

5 stratégies à adopter quand l’intolérance est détectée

  1. Si vous pensez être intolérant à un aliment, la solution la plus simple est bien sûr l’éviction de celui-ci, même si cela demande parfois beaucoup de rigueur. Vous pourrez tenter de réintroduire petit à petit cet aliment au bout de 6 mois.
  2. Alcalinisez-vous: un tube digestif au PH trop bas (acidose) peut entretenir une inflammation intestinale et participer aux réactions allergiques. Optez avant tout pour une alimentation alcalinisante : légumes, fruits, épices et condiments. Limitez les protéines animales, produits laitiers, céréales, sucres et plats industriels.
  3. Réduisez l’inflammation du tube digestif, notamment grâce à l’aloe vera, au curcuma ou encore avec la boswellia (300 à 400 mg de résine, 3 fois par jour pendant 6 à 12 semaines)
  4. Prenez soin de votre microbiote intestinal avec des probiotiques et des produits fermentés (kéfir, kimchi, choucroute, miso…)
  5. Une fois que les symptômes ont bien diminué, régénérez votre paroi intestinale en prenant de la L-glutamine (un acide aminé qui aide à la régénération des cellules intestinales)

Amicalement,

Florent Cavaler





[1]. D. Riché, « Hyperperméabilité intestinale chez le sportif : mécanismes, conséquences et prises en charges nutritionnelles », NAFAS vol. 2 n°3, 2004

[2] Sylvain garraud, Intolérances alimentaires : les tests sont-ils vraiment utiles ?!, Révélations Santé & Bien-Être N°46, juillet 2020.

[3]. Wernly, Steinmetz, Cherix, Borens. « Allergie aux implants orthopédiques : mythe ou réalité ? », Rev Med Suisse volume 14, 2018.

22 réponses à “Intolérances alimentaires : la grande mode des tests de dépistage”

  1. Joe Subirana dit :

    SVP comment s’abonner ou acquerir des produïts de chez vous quand on d’emeure au Canada?

  2. Joe Subirana dit :

    Je suis desole de voir que à partir du Canada nous ne pouvons pas utiliser le SEPAP pour s’inscrire ni d’acquérir des produits de chez vous. SVP nous decrire les options autre pour s’abonner et autre.

  3. Joe Subirana dit :

    A nouveau a cause que nous demeurons au Canada nous ne pouvons pas utiliser le moyen de payement que vous proposez par SEPAP
    , alors Comment s’abonner ou bien acheter des options dans vos produits. Merci de nous decrire les alternatives. joesubi@outlook.com

  4. Marija Stare dit :

    Bonjour,

    Vous avez oublier de citer une raison de plus de l’intolerance alimentaire:
    on utilise beucoup de pesticides, insecticides, fungicides, herbicides qui jouient aussi sur notre vie.
    Ma belle soeur avait des gros problemes en mangeant des fraises venus probablement d’Espagne qui avaient subit le transport a long distances a travers l’Europe (j’habite la Slovenie). Mais par contre elle pouvait manger sans aucun probleme des fraises de mon jardin qui n’etaient pas du tout traitees.
    De meme elle avait parfois des problomes avec des oeufs et nous avons fait la conclusion que ca dependait de la nourriture des poules. Et les animaux sont parfois mal nourris.
    Meilleurs salutations
    Marija Stare

  5. francoise chirot dit :

    Merci pour cette lettre et la précédente sur ce sujet.elles m’ont été très utiles. Je suis intolérante au gluten allergique aux sulfites et au céleri.
    Je pense depuis un certain temps que je suis allergique aux sucres mais on me dit que ça n’existe pas.
    Qu’en pensez vous ? Encore merci

  6. Delanoë jeanne dit :

    Un test fiable : test de provocation ( 15 jours SANS, puis AVEC. ) Medecin nutritionniste. J’ai souffert des années. : hypothyroïdie, fibromyalgie, mélanose du rectum, je fais mon pain d’engrain au levain que je fais moi même. Pâtes bio maïs et riz. : pas d’additifs aussi nocifs.

  7. Elisabeth dit :

    Depuis quelques années j’ai des légers maux de ventre après les repas et me retrouve souvent ballonnée. J’ai mis 1 année à analyser ce que je mangeais et les effets sur mon ventre, depuis j’ai supprimé les féculents (toutes catégories) et vais mieux. Exceptionnellement je mange une pizza, car j’adore et pouf, me voilà à nouveau mal. Même la brioche du dimanche (que je fais moi-même) me fait cet effet.

  8. Ada dit :

    Je ne vois pas comment, en même temps, limiter les produits laitiers, et consommer du kéfir.

  9. Boulanger Anne Marie dit :

    bonjour j ai trouvé l article sur les intolérances très intéressantes.Comment peut on se procurer le documents ou le livre du Dr coca dont vous parlez s.v.p.?Je vous remercie d avance pour votre réponse.

  10. Dr. Véronique Zamnibortch dit :

    Concernant les IgG , je ne partage absolument pas votre avis car ceci m’a permis ainsi qu’à nombre de mes patients de mettre le doigt sur les substances qui provoquaient des troubles. Une éviction contrôlée sur plusieurs mois a permis de rétablir durablement la situation en apportant bien évidemment à l’organisme de quoi se réparer en parallèle !

  11. Peter Hermes Prof. de Neurologie dit :

    tres bien ; concis , intelligent , documente

  12. tournier dit :

    ayant des troubles intestinaux,douleurs,ballonements,constipation etc;;;le gastro enterologue prescrivait régulièrement des gastroscopies ,des enteroscopie etc…..sans jamais donner un conseil alimentaire et cela depuis 40 ans.J’ai decouvert KEFIR et depuis plus de problèmes ….et voila comment on est soigné!!!!!!!!

  13. BE BAILLIENCOURT Claire dit :

    Comme tout le monde, vous dites que les intolérances alimentaires se manifeste d’abord par un inconfort digestif. Je ne suis pas d’accord ! Je suis intolérante aux laitages et au gluten (ou toutes céréales modifiées), je l’ai testé tout simplement par l’éviction totale pendant plusieurs semaines et les bienfaits ont été tels que je continue; quand je fais un écart de « régime », ce n’est pas sur la digestion que je le constate, mais sur plusieurs désagréments que vous ne citez même pas : migraines, douleurs d’arthrose qui reviennent, insomnie terrible style « j’ai pris un café trop fort », impatiences terribles dans les jambes, bouffées de chaleur (celles de la ménopause se sont arrêté net avec l’éviction des laitages et gluten !) … Je n’invente pas, j’ai parfois essayé de reprendre, je prends régulièrement des pro biotiques, j’ai une alimentation très méditerranéenne … bref, une bouchée de gluten et de laitage suffisent à m’apporter tous les désagréments que je viens de vous lister. Alors, arrêtez de ne parler que de l’inconfort digestif ou des problèmes de peau ! Certains disent que c’est la sphère ORL qui est améliorée. Les intolérances ont une impact sur tout le corps !

  14. ELINA dit :

    Merci pour cet article très intéressant. Ayant de nombreuses allergies alimentaires diagnostiquées par un allergologue et d’intolérances alimentaires vos conseils sont difficiles à appliquer quand vous ne pouvez pas manger les aliments de la famille des choux, pas de légumes verts, de poissons etc Souvent je ne peux pas appliquer tous les conseils donnés car ce sont des aliments que je dois éviter afin de ne pas faire un choc anaphylactique. Cordialement

  15. Emmanuel AIGLO dit :

    J’ai toujours reçu vos notes sur les procédés aidant à promouvoir la santé au naturel en adoptant des comportements à l’ancienne et bio bio. Infiniment merci pour votre effort quotidien d’aider l’humanité à maintenir le bien-être sanitaire, gage d’une vie heureuse.

  16. Debouzie Mireille dit :

    article très intéressant…

  17. PRIGENT Christiane dit :

    Bonjour,
    Je suis très intéressée par votre article. Je suis intolérante
    aux histamines et à toutes les amines biogènes.
    Je ne produis pas d’enzymes digestives.
    Que me conseillez-vous? J’ai vu beaucoup de spécialistes sans résultat.
    J’attends votre réponse avec impatience.
    D’avance, merci.
    Christiane.

  18. Cochet dit :

    En mai 2019 j.ai commencé à avoir de l’urticaire qui au fil du temps, malgré la prise De 4 d’anti histaminique Par jour préconisé par dermatologues et allerguologues S’aggravait . En mars 2020 Je suis donc allée consulter une généraliste spécialisée dans les intolérances alimentaires qui m’a fait faire un examen sanguin particulier envoyé dans un laboratoire situé à Metz. Cet examen a fait ressortir un problème très important de très mauvaises bactéries dans mon intestin Devenu poreux et aussi dans la vessie. Aussi la généraliste m’a dit de stopper tout produit laitier et gluten et m’a prescrit un traitement commandé au Laboratoire Bionitruc en Belgique, afin de tuer les milliards de mauvaises bactéries qui avaient rendus mon intestin poreux, ce qui me créait cet urticaire persistant. Pendant 3 mois j’ai suivi ce traitement et maintenant je prends des probiotiques et de la glutamine provenant toujours du laboratoire Bionitruc. Aujourd’hui je vais beaucoup mieux mais il ne faut surtout pas que je m’égare dans la nourriture qui m’est interdite (gluten et produit laitier). La généraliste m’a dit qu’il fallait un an pour retrouver une situation à peu près normale…

  19. Félicité Igiraneza dit :

    Moi le problème est l’augmentation des mauvaix cholestérols, j’essaie de les diminuer mais ça ne passe pas

  20. Pillot Christiane dit :

    Bonjour
    Les gens consomment de plus en plus de mauvaise alimentation entre les Mac Do, et les restaurants dont les « cuisiniers improvisés  » ne savent pas cuire une viande ou autre , apparemment, leur santé décline, tout en pensant le contraire. On peut manger correctement en faisant extrêmement attention.
    Je consomme beaucoup de légumes, du poisson frais, pas de lait (je déteste), et la viande est quasi bannie. Pas de sucrerie, (bonbons etc…) fruits comme bananes, abricots, et pommes privilégiés.

  21. Kempf dit :

    Vitamine cela et qoui?
    Boswesllia cela et qoui
    Et ou trouve ça
    Merci de votre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *