Migraine : munissez-vous d’un marteau et d’une enclume !

Chère lectrice, cher lecteur,

Je suis tombé sur cette photo, qui m’a bien fait rire :

La légende indique : « 1895, traitement du mal de tête. »

Je vous rassure, il s’agit très certainement d’un canular. Je n’ai retrouvé aucune archive qui mentionne un « traitement » aussi catégorique.

En revanche, ce qui est vrai, c’est que les médecins du passé ont fait preuve de beaucoup d’imagination (et de violence) pour traiter les migraines et les maux de tête…

Il faut dire que ce sont des problèmes de santé courants qui peuvent devenir très handicapants et pour lesquelles les solutions sont limitées.

Fer rouge, trépanation et autres « tortures » contre la migraine

Deux chercheurs, Peter Koehler et Christopher Boes, ont publié dans la revue scientifique Brain, un article qui détaille les différentes approches non médicamenteuses employées au cours des siècles[1].

On y apprend par exemple que l’une des pratiques les plus anciennes contre les maux de tête était la saignée, utilisée au moins dès le 2ème siècle.

Dans des écrits anciens, le médecin romain Arétée recommandait d’inciser le bras pour une saignée, ou même parfois une veine ou une artère au niveau du front. Il saignait aussi les patients en insérant la tige d’une plume d’oie dans le nez jusqu’à l’os ethmoïde.

Ces saignements étaient d’ailleurs encore utilisés au 18ème siècle.

Contre les migraines et les maux de tête, les anciens pratiquaient aussi :

  • Les ventouses : des tubes de verres chauffés étaient placés sur la peau et provoquaient des cloques censées rétablir l’équilibre des humeurs.
  • La cautérisation au fer rouge : pour cette méthode très populaire au 10ème siècle, on rasait le crâne et on cautérisait jusqu’au muscle (ou jusqu’à l’os dans les zones dépourvues de muscles). Certains médecins perforaient l’os jusqu’aux méninges.
  • La méthode de l’ail : on incisait les tempes avec un scalpel pour y enfouir intégralement des gousses d’ail (j’aurais d’ailleurs plutôt envie de dire : « d’aïe ! »)
  • La trépanation : plus rare, certains médecins pratiquaient la trépanation, qui consistait à découper un trou circulaire dans la boîte crânienne
  • L’électricité : au milieu du 18ème siècle, on utilise des décharges électriques pour soigner les maux de tête, d’abord en se servant d’anguilles, puis à l’aide d’appareils électriques
  • Et encore de nombreuses techniques : compression de la carotide, chaises vibrantes et interventions chirurgicales diverses…

Aujourd’hui, ces solutions font plus penser à des « techniques de torture » qu’à des approches de soin.

Il faut dire que, bien souvent, la médecine a avancé à tâtons, avec peu de résultats concrets.

Mais est-ce vraiment mieux aujourd’hui ?

Les grands médias donnent-ils de faux espoirs aux malades ?

En 2018, de nombreux articles de presse s’émerveillaient devant un tout nouveau traitement anti-migraine :

« Migraine : un nouveau traitement de fond très prometteur » FranceInfo[2]

« Pour les patients atteints de migraines sévères, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre. » L’Express[3]

« Bientôt une injection « miracle » » Le Parisien[4]

En y regardant de plus près, je trouve que ces articles donnent de faux espoirs aux malades !

D’après l’étude qui a testé son efficacité, les effets de ce médicament ne sont pas extraordinaires : sur les 246 participants, seul un tiers a vu la fréquence des migraines diminuer d’environ 50 %.

C’est peu.

Surtout quand on sait qu’il faut se faire une injection chaque mois et que celle-ci coûte plusieurs centaines d’euros l’unité. On pourrait se demander si ce produit « miracle » ne va pas surtout profiter au laboratoire qui le commercialise…

D’autres médicaments – aspirine ou paracétamol, seuls ou associés – peuvent être efficaces s’ils sont utilisés exceptionnellement.

Mais leur consommation prolongée peut transformer le mal de tête en un état permanent (sans parler de leurs effets secondaires). On parle alors de « céphalées par abus d’antalgiques », beaucoup plus difficiles à soigner !

Ces maux de tête incessants représentent 15 à 20 % des consultations auprès des centres spécialisés dans le traitement des céphalées.

Il est d’autant plus dommage d’en arriver là que des solutions douces existent : relaxation, yoga, hypnose, acupuncture, homéopathie et phytothérapie peuvent agir sur les maux de tête (céphalées) aussi bien que sur les migraines.

Mal de tête : commencez par… fuir !

Si certains combats réclament courage et engagement, la lutte contre la céphalée appelle une autre stratégie : la désertion.

Fuir le bruit et l’agitation.

Dans le cas d’une céphalée, la douleur s’installe au niveau du front et de la nuque avec le sentiment d’une pression ou d’une tension.

Parmi les causes les plus fréquentes, on trouve :

  • Un rhume tenace
  • Une infection des sinus ou sinusite dont la douleur s’accentue quand on se penche en avant
  • Une grippe ou syndrome grippal
  • Une infection dentaire non soignée
  • Un abus d’alcool ou alimentaire (repas très riche, plutôt gras et pris de façon inhabituelle)
  • Un manque de sommeil (l’apnée du sommeil est un facteur déclenchant des maux de tête chroniques)
  • Des douleurs pendant les règles
  • Une insolation ou un coup de chaleur
  • Une fatigue visuelle lorsqu’on fixe par exemple un écran d’ordinateur ou la télévision trop longtemps
  • Des verres correcteurs mal adaptés, parfois une divergence ou convergence oculaire qu’il faut corriger par des séances adaptées chez l’orthoptiste, très efficaces !
  • Etc.

La fuite, donc, c’est s’allonger au frais dans la pénombre, un gant frais et humide (éventuellement imprégné d’hydrolat de lavande vraie) posé sur le front. Avec généralement de bons résultats. Dans une étude de 1986, 71 % des patients qui utilisaient une poche de glace ont été soulagés, et la moitié d’entre eux ont déclaré́ que leur douleur avait immédiatement diminué[5].

En phytothérapie, choisissez des plantes contenant des dérivés salicylés (saule blanc, ulmaire ou reine des prés en gélule, 1 gélule 3 à 4 fois par jour) associées à des plantes à caféine (thé, maté, guarana, Kola…), mais aussi des huiles essentielles sédatives comme lavandemarjolaine à coquillescamomille romaine, ylang ylang

L’huile essentielle de menthe poivrée est également efficace pour un massage du front, du lobe des oreilles, des tempes et de la nuque.

Et maintenant, que faire face à la vraie torture : la migraine.

Quelle est la vraie cause de votre migraine ?

La migraine vient du grec êmikranion, qui veut dire demi-crâne. Les migraines se manifestent par des douleurs lancinantes du côté droit ou gauche de la tête, parfois pendant des heures, voire des jours…

La douleur sourde augmente petit à petit jusqu’à atteindre toute la tête. Elle est pulsatile (avec des battements) : c’est l’horrible toc-toc, cette sensation de « clou » qui s’enfonce et peut s’accompagner de nausées, de vomissements, de photophobie (la personne ne supporte plus la lumière).

Certains symptômes sont plus impressionnants encore, comme des hallucinations auditives, ou encore des paresthésies (fourmillements, picotements) au niveau du visage, bras, mains, jambes…

Lorsqu’elle arrive, vous pouvez faire la même chose qu’en cas de céphalée : commencer par rester allongé dans une demi-obscurité, appliquer une vessie de glace (cela resserre les vaisseaux) là où vous avez mal, masser les tempes, le dos, et surtout essayer de repérer le « déclencheur » pour mieux agir en conséquence :

  • Le cycle menstruel : avant les règles à cause des variations hormonales – on parle alors de migraines cataméniales (il se produit une baisse du taux d’œstrogènes)
  • Les facteurs psychologiques : soucis, surmenage entraînant du stress
  • Les facteurs physiques : efforts physiques ou intellectuels entraînant une forte fatigue
  • Excès ou manque de sommeil, décalage horaire
  • Facteurs environnants : vent, froid ou brusque variation de température, luminosité…
  • Odeurs fortes, parfums…
  • Facteurs alimentaires (allergies alimentaires, aliments contenant de la tyramine, gluten et lactose)

Revoir son alimentation, c’est aussi s’interroger sur d’éventuels déficits, en magnésium notamment (qui pourrait expliquer les migraines des femmes qui souffrent de syndrome prémenstruel). On trouve du magnésium dans les légumes verts et secs, les oléagineux, les céréales complètes. Contre les migraines, une cure de trois à quatre mois est nécessaire avant de voir une amélioration.

Autres nutriments à considérer, les vitamines du groupe B et notamment la B2 ou riboflavine, qui intervient dans la production cellulaire d’énergie. Les cellules nerveuses des migraineux pourraient souffrir d’un défaut dans cette production d’énergie, d’où l’idée d’utiliser des suppléments pour améliorer l’efficacité des centrales énergétiques cellulaires (les mitochondries).

Mais quelle que soit la cause de la migraine, il y a une plante qu’il faut absolument découvrir.

Cette plante obtient 80 % de réussite !

La partenelle (Tanacetum parthenium) est également connue sous le nom de grande camomille. Elle ressemble à une « super marguerite », avec son beau coussin jaune et ses pétales blanc lumineux.

Je dis super car ses « sommités fleuries » contiennent une substance, le parthénolide, dont on comprend aujourd’hui le rôle étonnant de prévention des crises migraineuses.

Revenons une seconde sur le mécanisme de la migraine : à la suite d’un facteur favorisant (stress, émotion, aliments, cycle menstruel…) il y a libération de sérotonine, qui induit une alternance de contractions et de dilatations des petites artères cérébrales à l’origine de la douleur. Le parthénolide, lui, bloque la libération de sérotonine et prévient ainsi la crise.

Un traitement sur 3 mois permettrait de diminuer nettement la fréquence et l’intensité des migraines.

Posologie : 2 gélules de partenelle ou 5 ml (1 cuillerée à café) d’EPS (extrait phytostandardisé) dans une tisane de sauge tous les matins pendant 3 mois. De nombreux médecins phytothérapeutes l’utilisent avec 80 % d’effets positifs si le traitement est poursuivi assez longtemps.

Ce traitement est contre-indiqué pour les femmes enceintes ou allaitantes.

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Peter J. Koehler, Christopher J. Boes, A history of non-drug treatment in headache, particularly migraine, Brain, Volume 133, Issue 8, August 2010, Pages 2489–2500,
[2] « Migraine : un nouveau traitement de fond très prometteur », FranceInfo, le 17 octobre 2018.
[3] Stéphanie Benz, « Mal de dos, migraine… De nouveaux espoirs », L’Express, le 19 octobre 2018.
[4] Florence Méré, « Cinq pistes pour soulager la migraine », le 06 septembre 2018.
[5] Diamond S, Freitag FG. Cold as an adjunctive therapy for headache. Postgrad Med. 1986 Jan;79(1):305-9. PubMed PMID: 3941818.

10 réponses à “Migraine : munissez-vous d’un marteau et d’une enclume !”

  1. florence dit :

    bonjour, je voulais vous donner une astuce simple qui marche pas mal quand on sent la migraine arriver: poser sur le front un gant imbibe de vinaigre et saupoudre de sel. ca permet de réguler le pression intra crânienne, et de soulager durablement une partie des migraines.
    portez vous bien.
    Florence

  2. Tognarini dit :

    Bonjour. Je suis un migraineux depuis 41 ans. Mes migraines ont commencees en 1981 lors d’une partie de volley Ball sur une plage au bord de la mer. Par la suite la migraine s’est installée sur le bas du front, à la racine du nez côté gauche, semblable à une douleur perforante. 15 jours en Neurologie après beaucoup d’examens médicaux, dont certains très douloureux n’ont rien changé. Le diagnostic « il va falloir que je m’habitue avec les Migraine, la Médecine ne pouvant pas tout ». J’ai suivi. par la suite le 9 traitement de Vit. B1, b2, B6, B12. Et des comprimés de Gynergene cafeiné à prendre lors des crises. J’ai eu des migraines journalières pendant 6 ans. Ensuite un homéopathe est arrivé à me soulager, n’ayant qu’une migraine tous les 4/7 jours. Depuis 5ans ce traitement n’agit plus. Je ressens une crise que je peux atténuer si je prends 1/4 de Gynergene au tout début de la crise, puis si elle persiste un deuxième 1/4 après une heure et ainsi de suite, sans jamais dépasser le comprimé entier. J’ai trouvé cette posologie par tâtonnements, connaissant les effets secondaires du Gynergene. Maintenant le Gynergene Cafeiné est supprimé et rien ne le remplace. Je suis inquiet pour la suite. Que pouvez vous me conseiller?

  3. Thierry dit :

    Vous pourriez également parler de réflexologie très efficace sur bien des points santé que vous soulevez

  4. Daniela Springhardt dit :

    Merci pour tous ces informations , je suis ravie de les recevoir régulièrement. C’est très encourageant pour ceux qui souffrent de différents maux

  5. Gaëlle ENGRAND dit :

    Merci pour vos lettres qui sont enrichissantes

  6. Stéphanie dit :

    Bonjour, merci pour cet article très intéressant. Si on bloque la sécrétion de sérotonine pendant 3 mois , ne finit on pas dépressif ? Lorsqu’on arrête ce traitement phyto si l’on ne traite pas la cause , les migraines recommencent ? Merci !

  7. passeur 3 dit :

    Pouvez-vous arrêter vos vieux modèles éculés d’allopathes d’un autre siècle. Vous voulez nous faire croire à la phytothérapie alors quittez vos protocoles séquencés de logique binaire : maladie/remède par cachets… si chères aux laboratoires pharmaceutiques chimiques. Ce n’est pas crédible. La phyto , l’aroma. … etc méritent mieux que vos promos.pour vos labos. Proposez plutôt une démarche moins fantaisiste consistant à cerner la globalité plurifactorielle de la céphalée par exemple: en abordant les causes probables à rechercher sur le plan physique physiologique émotionnel et psychologique et en donnant des pistes de réflexion ou des exemples déjà vérifiés et qui diffèrent selon les caractères comme l’approche indienne ou ayurvédique etc…le remède sera bien sur complètement différent aussi

  8. Caron dit :

    Bonjour, je suis migraineuse chronique depuis 30 ans et en invalidité bien qu’ingénieur chimiste. Active dans des groupe de migraineux, j’ai suivi le dernier sommet international de la migraine (malheureusement seulement en anglais). J’ai tout essayé évidemment, des traitements de fonds et de crise, des généralistes, des neurologues, des centres antidouleur, de l’acuponcteur au rebouteux, de l’ostéopathe au magnétiseur, du naturopathe au soins énergétiques.
    Le principe de votre article part dune bonne intention mais il est vraiment très incomplet, souvent inexact. La migraine est une maladie neurologique génétique extrêmement complexe et très difficile à soigner. On naît migraineux, on meurt migraineux. C’est la cause. Maintenant il y a LES facteurs déclanchants, multiples, propres à chacun et évolutifs durant toute la vie.
    Le déclanchement des crises est de type cumulatif avec une phase prodrome pouvant durer 2 jours, la crise puis la phase postdrome
    Les solutions sont multiples également.
    Les solutions naturelles sont sympas et aident un peu mais je ne connais absolument aucun vrai migraineux qui soit soulagé par la camomille ! En plus dire 80% d’effets positifs ça ne veut vraiment rien dire du tout ! Les crises sont-elles moins fréquentes ? Moins longues ? Moins douloureuses ?
    Le déclanchement et les mécanismes de la migraine sont encore inconnus et objets de suppositions. La sérotonine doit intervenir puisque des traitements de fond genre inhibiteurs de la capture de la sérotonine diminuent les crises de certains malades mais pas tous, ce n’est qu’une supposition.

    Beaucoup de migraineux chroniques sont déprimés. Personnellement sans l’apparition des triptans (les seuls médicaments spécifiques de la migraine, dont vous ne parlez pas d’ailleurs) je ne sais pas si je serai encore là aujourd’hui. Mon « sauveur » le plus évident en plus de tout un tas de compléments alimentaires et une vie la plus régulière possible, c’est un ostéopathe. D’autres c’est l’homéopathie, la pilule etc. Donc pourquoi pas la camomille, mais vraiment si c’était une plante miraculeuse pour les vrais migraineux ça se saurait.
    Si vous saviez le nombre d’articles qui nous donnent de faux espoirs ! Presque tous en fait !

    Par contre, les anticorps anti CGRP, qui sont les premiers traitements spécifiquement créés pour la migraine (les triptans ce sont les traitements de crise) ont contrairement à ce que vous dites une efficacité qui, même si elle vous semble insuffisante, est tellement supérieure à tous les autres traitements de fond !!!!! Le vrai scandale est que la France est quasiment la seule de l’UE à nous refuser son remboursement. On se bat avec l’association « la voix des migraineux » contre cette injustice (le coût mensuel étant effectivement de l’ordre de 400 € donc inaccessible à la plupart des malades français.

    C’était juste pour réagir à votre article, vous apportez des informations du côté des malades, pas pour qu’il soit publié.

    Cordialement

    Mme Caron

  9. Jacques dit :

    Bonjour ,
    Tjs très interessant.
    Continuez

    Merci

  10. Sultan michel-charles dit :

    Article intéressant et documenté :
    Il y a à mon sens un oubli majeur dans le traitement des migraines et céphalées : l’ ostéopathie et les levers de tensions mécaniques qui ont une incidence directe sur le congestion- decongestion de la sphère crânienne.
    Il faut se pencher sur les liens étroits anatomiques entre l’ artère vertébrale et le canal transversaire qui forme un véritable conduit anatomique aux passages des 2 artères vertébrales.
    Tout dérangement vertébral mineur : DIM induit une altération circulatoire vertébrale par altération des microplexus neurovegetatifs sympathiques- parasympatiques .
    MR SULTAN MICHEL-CHARLES
    OSTÉOPATHE.
    CORDIALEMENT.

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