Mauvaise rencontre en forêt

Chère lectrice, cher lecteur,

Depuis lundi, nous pouvons enfin retourner nous promener en forêt[1].

Si vous êtes comme moi, vous avez déjà profité de la levée du confinement pour vous ressourcer dans la nature.

Dans les contes, la forêt est un monde merveilleux, peuplé d’elfes, de fées ou de lutins.

Mais on peut aussi, à l’instar du petit chaperon rouge, y faire de mauvaises rencontres

Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas…

Nos ancêtres craignaient de se retrouver nez à nez avec un loup ou un ogre.

Aujourd’hui les monstres qui hantent les forêts ne sont plus les mêmes.

Ils sont plus petits, plus discrets, et c’est justement ce qui les rend aussi dangereux.

Samedi, j’ai eu la mauvaise surprise de tomber sur l’un de ces « monstres ».

Après deux mois de confinement, nous avions décidé de sortir en famille nous balader dans le bois près de chez nous. Quel bonheur de retrouver l’odeur de l’humus et le chant des oiseaux !

Ce n’est que le soir, à la maison, que je me suis rendu compte que j’avais été sournoisement attaqué par un minuscule vampire, que vous connaissez sans doute : une tique.

Elle était là, nichée à l’intérieur de ma cuisse, comme un tout petit grain de beauté.

J’aurais pu facilement passer à côté, tant sa présence était discrète. Et c’est bien ça le problème.

Car une tique qui reste accrochée trop longtemps à vous peut transmettre deux maladies potentiellement graves : l’encéphalite à tique, très rare, et la maladie de Lyme, plus courante.

Lyme : comment une tique peut vous faire vivre un calvaire

Avant de vous donner quelques conseils simples pour limiter le risque d’infection, j’aimerais revenir sur la maladie de Lyme, qui est plus répandue qu’on le pense, et dont les effets peuvent être très handicapants.

La maladie de Lyme (aussi appelée borréliose) est provoquée par la bactérie Borrelia, qui se transmet par les morsures de tiques.

Ces dernières années, il y aurait eu une forte augmentation de tiques infestées, notamment à cause du réchauffement climatique, du déboisement ou encore de la diminution du nombre de prédateurs comme les oiseaux.

Aujourd’hui, les tiques prolifèrent dans presque toute la France, y compris dans les parcs de certaines villes.

Selon les régions, jusqu’à 50 % des tiques pourraient être porteuses de la bactérie Borrelia[2]. Autant dire que les risques d’être infecté sont grands.

Problème : si le malade n’est pas traité rapidement avec des antibiotiques, la bactérie peut être extrêmement difficile à déloger et provoquer de graves désagréments… parfois plus de 10 ans après la morsure de tique.

Êtes-vous malade sans le savoir ?

Une simple morsure et ces bactéries s’infiltrent dans tous vos organes, tous les tissus de votre corps, y compris les os.

Elles peuvent donc s’attaquer à tous les systèmes, dont votre cerveau, menant à des lésions graves très variées qui provoquent douleurs insupportables, paralysie, fatigue chronique accablante, dépression, troubles psychiatriques, démence…

Seulement lorsque l’infection devient chronique, la maladie de Lyme peut être confondue avec quasiment toutes les maladies connues en médecine, et des dizaines de milliers de personnes seraient ainsi mal diagnostiquées par la méthode classique, le test Elisa.

C’est notamment ce qu’affirmait déjà en 2016 le Dr Christian Perronne, chef de service en infectiologie à l’hôpital universitaire Raymond-Poincaré de Garches, dans une interview au magazine L’Obs[3]:

« En plus de la borrélie responsable de la maladie de Lyme, il existe une vingtaine d’autres espèces de Borrelia. Le test Elisa, étape obligatoire pour les médecins français, n’en détecte que trois, avec de plus une proportion élevée de cas où ce test reste négatif malgré la maladie.

« Et pourtant, s’il est négatif, les médecins français n’ont pas le droit de poursuivre leur exploration, de compléter par un autre test plus précis, comme le Western-Blot. Même si leur patient a des signes cliniques significatifs. Les médecins peuvent être poursuivis par l’assurance maladie s’ils le font ! »

Et ce n’est pas tout :« Le centre de référence de la borréliose à Strasbourg dit encore aujourd’hui que ce test est fiable à 100 % alors que toutes les publications montrent l’inverse ! Comment peut-on continuer une telle aberration ? Surtout qu’il est prouvé depuis longtemps – ça a été publié dans les plus grandes revues scientifiques – qu’une sérologie peut être négative malgré la présence de la bactérie Borrelia. »

(En d’autres termes, un test négatif ne veut pas dire qu’on n’est pas infecté, ndlr).

« Aux Etats-Unis, non seulement le médecin est libre de prescrire le Western-Blot malgré un Elisa négatif, mais il a même le devoir de dire à son patient qu’un test négatif, quel qu’il soit, n’est pas la preuve qu’il n’est pas infecté ! ».

Le test de Western-Blot est aujourd’hui presque généralisé en Allemagne, où la maladie de Lyme est devenue une épidémie galopante : 900 000 personnes ont été traitées en 2010.

La médecine classique est démunie

L’autre problème, c’est que mis à part les antibiotiques, il n’existe pas de traitement efficace pour soigner la maladie de Lyme.

Or les antibiotiques sont relativement efficaces quand ils sont pris tout de suite après la morsure… mais beaucoup moins si on tarde trop.

Après quelques mois, les germes se cachent dans l’organisme et l’efficacité des antibiothérapies est alors beaucoup plus faible.

Et même lorsqu’une antibiothérapie est bien conduite, 34 % des malades auraient des séquelles à long terme[4]. Les bactéries se réfugient souvent dans des lieux difficilement accessibles aux antibiotiques. Elles peuvent ainsi rester en latence et réapparaître quelques années plus tard.

À ce moment-là, il est extrêmement compliqué de se débarrasser de Borrelia.

Si vous suspectez une maladie de Lyme et que vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, je partagerai bientôt avec vous une approche très complète qui pourrait vous aider.

En attendant, le mieux que vous puissiez faire est d’adopter les bons réflexes lorsque vous sortez en forêt.

Ce que vous devez savoir pour limiter le risque d’infection

  1. Lorsque vous vous baladez en forêt, privilégiez des chaussures montantes et des chaussettes (évitez les sandales).
  2. Évitez les zones humides (par exemple les fourrés, les hautes herbes…).
  3. Après votre randonnée, quand vous êtes de retour chez vous, profitez de la douche pour inspecter minutieusement votre corps, en particulier : aisselles, plis des genoux, région génitale, cuir chevelu… (plus vous retirez la tique tôt, moins vous risquez d’être infecté).
  4. Si vous découvrez une tique, ne l’arrachez pas avec vos doigts. Cela pourrait produire une régurgitation de la tique dans votre sang et libérer plus rapidement des germes contaminants. Idéalement, il faudrait utiliser un tire-tique, une sorte de pince en crochet. Comme je n’en avais pas, j’ai utilisé une pince à épiler et fait une légère rotation pour décrocher la tique. Vérifiez ensuite que vous ayez bien retiré la tique en entier (y compris la tête).
  5. Surveillez la zone de morsure régulièrement. Un érythème migrant (sorte de halo rouge autour de la morsure) apparaît après 3 à 30 jours dans 60 à 80 % des cas d’infection à Borrelia[5]. Si c’est le cas, voyez rapidement un médecin afin de vous faire prescrire un traitement antibiotique.
  6. Si vous suspectez une infection à Borrelia (morsure de tique dans une zone à risque, symptômes suspects comme de la fièvre, des maux de tête ou des courbatures), il est possible de suivre un traitement par précaution.

De mon côté, je vous rassure, j’ai pu retirer la tique rapidement, et je n’ai eu ni érythème migrant ni symptôme particulier.

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Les forêts seront à nouveau accessibles à partir du 11 mai, France 3, 3 mai 2020.
[2] Matthieu Juttens, Attention, les tiques sont de retour avec le beau temps, RTS, 4 mai 2020.
[3] Emmanuelle Anizon, « La maladie de Lyme explose, c’est un scandale sanitaire », L’Obs, 11 juillet 2016
[4] Dr Luc Bodin, Maladie de Lyme : la résistance s’organise !, Révélations Santé & Bien-Être N° 10, juillet 2017.
[5] Dr Luc Bodin, Maladie de Lyme : la résistance s’organise !, Révélations Santé & Bien-Être N° 10, juillet 2017.

7 réponses à “Mauvaise rencontre en forêt”

  1. André dit :

    Bonjour
    Au lieu d’endormir la tique avec de l’éther, j’ai lu quelque part que la meilleure façon de la « décrocher », c’est de l’enduire d’un liquide gras comme le liquide vaisselle. Elle étouffe et lâche prise au bout de quelques secondes sans rien injecter dans la plaie. C’est absolument indolore et peut être appliqué partout, même dans le nombril.

  2. deconinck jl dit :

    Le scutea et les huiles essentielles (origan, cannelle, thym, pin…) de même que les ondes électromagnétiques avec l’ appareil Spooky viennent à bout de la maladie de Lyme

  3. Poulet Denise dit :

    Bonsoir
    Je viens de lire votre article et oh combien je suis d’accord avec vous pour dire que la tique est une bête dangereuse. Depuis 2 jours c’est ma hantise car nous avons une chatte qui chaque jour se promenant dans la grande herbe en ramène une!
    J’en ai retiré une hier et une ce matin avec un tire tique acheté en pharmacie. Depuis je n’arrête pas de penser à ce risque qui nous guette quand nous pourrons randonner en forêt.
    Merci pour votre attention et vos bons conseils
    Denise

  4. Maflor dit :

    Grand merci pour cette excellente présentation.
    Vous présentez les causes : « notamment à cause du réchauffement climatique, du déboisement ou encore de la diminution du nombre de prédateurs comme les oiseaux. » Je me permets de rajouter une cause que n’ai découverte que tout récemment grâce à un de vos confrères:
    https://nouvelle-page-sante.com/nouvelle-etude-sur-la-borreliose-de-lyme/#sources?base=647&campaignId=1203348&segmentId=1224123&shootId=1264587
    Il mentionne que les ondes électromagnétiques peuvent attirer la tique. Par conséquent, il vaudrait mieux laisser le portable à la maison!

  5. Marie-Pierre dit :

    Bonjour,
    Je croyais qu’il fallait d’abord « endormir » la tique avant de la retirer ?
    Cordialement.

  6. Bernard dit :

    Enfin quelqu’un qui reparle de ce fléau alors que le printemps est déjà bien entamé. Merci !!
    Attention, c’est une invasion cette année, pire que les années précédentes… et ce n’est sans doute que le début.

  7. Martine Vanackere dit :

    L’huile essentielle de kunzea (arbre à tiques où les animaux se réfugient pour s’y protéger) offre une excellente protection. Mélanger 1 à 2 gouttes par cuillère à café d’huile végétale et enduire les parties du corps exposées. Bonnes randonnées !!

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