Remède à base de « bière » contre Alzheimer, l’anxiété et la ménopause ?

Chère lectrice, cher lecteur,

Le houblon a bien mauvaise réputation.

Dans l’esprit des gens, il est toujours associé à la bière… Il fréquente les bars et autres lieux de débauche.

Pour beaucoup, ce n’est rien de moins qu’un fêtard qui aime la vie nocturne, l’ivresse et les soirées endiablées.

Enfin ça, c’est pour l’histoire officielle…

Car le houblon mène une deuxième vie, à l’abri des regards, et qui commence enfin à faire les gros titres de la presse… scientifique !

Scoop : le houblon s’engage dans la lutte contre Alzheimer

Quand il s’agit de vanter une boisson pour ses bienfaits santé, c’est presque toujours le thé ou le café qui sont à l’honneur.

Rarement la bière.

Mais récemment, des scientifiques ont réparé cette justice.

Pour une fois, c’est bien dans la bière qu’ils ont découvert une substance thérapeutique extrêmement prometteuse.

Le 25 octobre 2022, une équipe italienne a trouvé que l’un des principaux composants de la bière, le houblon, aurait des effets très intéressants face à la redoutable maladie d’Alzheimer[1].

Les chercheurs se sont concentrés sur quatre variétés communes de houblon. Ils ont ainsi trouvé que des extraits de ces plantes avaient des propriétés antioxydantes qui bloquaient l’accumulation des plaques bêta-amyloïdes dans les cellules nerveuses humaines. Or ces plaques sont généralement considérées comme le marqueur principal de la maladie d’Alzheimer.

Parmi ces quatre variétés, c’est le houblon « Tettnang », qu’on trouve souvent dans les bières blondes et plus légères qui s’est avéré le plus efficace.

« Lorsque cet extrait a été séparé en fractions, celui contenant un niveau élevé de polyphénols a montré l’activité antibiotique et anti-agrégation la plus puissante », expliquent les auteurs de l’étude[2].

Le houblon « Tettnang » favoriserait également le processus d’élimination des protéines neurotoxiques.

Alors, que ce soit clair : ce n’est pas en buvant de la bière que vous allez faire du bien à votre cerveau (vous connaissez les effets de l’alcool sur les neurones). Dans leurs expériences, les chercheurs ont utilisé uniquement de l’extrait de fleurs de houblon.

Alzheimer : les labos baissent les bras, mais la santé naturelle persiste… et signe !

Pour bien que vous compreniez l’importance de cette découverte, il faut savoir que tous les laboratoires pharmaceutiques se cassent les dents sur la maladie d’Alzheimer.

Le dernier en date, le géant pharmaceutique Roche, a annoncé en 2019 qu’il mettait fin à deux essais cliniques, faute de résultats positifs[3].

Pfizer aurait même décidé d’abandonner complètement ses recherches sur Alzheimer pour se focaliser sur d’autres maladies.

En France, les quatre principaux médicaments contre Alzheimer, jugés inefficaces, ont d’ailleurs été déremboursés par la ministre de la santé Agnès Buzin en mai 2018.

La vérité, c’est qu’aucun laboratoire n’est aujourd’hui capable de proposer une vraie solution contre la maladie d’Alzheimer.

Ils sont de plus en plus réticents à investir leurs millions dans le domaine.

Alors vous comprenez que les résultats positifs obtenus avec le houblon sont porteurs d’un immense espoir pour les malades…

Et ce n’est pas tout.

Le houblon possède encore d’autres atouts qui font de lui une figure incontournable de la santé naturelle.

Vous allez voir qu’on aurait bien tort de ne l’associer qu’à la bière et aux débits de boissons.

Les confessions d’une plante sous-estimée

Bien avant d’être utilisé dans la fabrication de la bière, le houblon était vénéré pour ses nombreux effets thérapeutiques.

Les Amérindiens l’utilisaient pour lutter contre les douleurs aux dents et aux oreilles. Ils confectionnaient des petits sacs avec ses feuilles chauffées qu’ils appliquaient sur la zone douloureuse.

Ils utilisaient également les cônes de ses fleurs femelles en infusion pour favoriser l’endormissement.

En Europe, on retrouve des traces d’un usage médical au XIIe siècle, dans les écrits de la célèbre nonne et herboriste Hildegarde de Bingen.

Elle préconisait ses cônes contre la mélancolie. Deux siècles plus tard, on l’utilise à la campagne pour ses vertus diurétiques, digestives, fébrifuges et sédatives.

Récemment, des recherches scientifiques ont validé les usages traditionnels du houblon… et lui ont même découvert de nouveaux bienfaits.

Ainsi, le houblon pourrait aider en cas d’anémie, lymphatisme (état pathologique caractérisé par une grande fatigue), manque d’appétit, difficultés d’assimilation.

Le houblon aurait aussi la capacité de réguler les troubles gastriques provoqués par un excès ou un manque d’acidité.

Pour profiter de ses vertus digestives, laissez infuser 10 à 15 g de cônes par litre pendant 10 minutes et buvez une tasse après le repas.

Pas si débauché que ça, le houblon serait plutôt un « grand calme au cœur tendre »

Le houblon n’est pas un fêtard comme on le croit souvent.

Il serait plutôt du genre à passer sa soirée relax chez lui, sous la couette avec un bon roman et une tisane et à se coucher de bonne heure plutôt qu’à danser toute la nuit en boîte de nuit.

C’est un « grand calme au cœur tendre », comme la verveine ou la camomille.

Le houblon est d’ailleurs recommandé par l’European Scientific Cooperative on Phytotherapy (ESCOP) pour lutter contre l’anxiété et l’insomnie.

Son huile essentielle contient des vertus sédatives très puissantes. De nombreux thérapeutes le prescrivent en association à la valériane en cas de difficultés d’endormissement ou de réveils précoces.

En 2017, une étude[4] a d’ailleurs montré qu’un mélange composé de 500 mg de valériane et de 120 mg de houblon était plus efficace que l’extrait unique de valériane (500 mg) pour diminuer le temps d’endormissement.

Cette association serait même aussi efficace que les benzodiazépines (un anxiolytique prescrit contre l’insomnie et l’anxiété)[5].

Si vous voulez profiter de ses vertus calmantes, vous pouvez faire infuser 40 g de cônes dans 1 litre d’eau bouillante. Prenez 1 tasse le soir, 30 minutes avant d’aller dormir.

Le houblon, une plante pour les hommes… et les femmes !

Utilisé comme calmant et anaphrodisiaque, le houblon a aussi fait ses preuves dans certains cas de troubles sexuels d’origine nerveuse chez l’homme (spermatorrhée, éjaculation précoce…).

Mais c’est surtout la plante féminine par excellence, au même titre que l’alchémille, le gattilier ou l’achillée millefeuille.

Le houblon est une plante œstrogène-like, c’est-à-dire qu’il stimule la production naturelle de cette hormone. Il peut donc rééquilibrer certains troubles hormonaux féminins, notamment pour apaiser les règles douloureuses, les migraines, les troubles nerveux, les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale.

Pour réguler vos cycles menstruels, faites infuser 10 à 15 g de cônes par litre d’eau bouillante. Buvez 1 tasse 2 fois par jour.

En raison de son action hormonale, le houblon est déconseillé aux femmes qui présentent un risque de cancer du sein ou de l’utérus.

Certains auteurs précisent que les effets de cette plante sont souvent associés à ceux des hormones de synthèse. En réalité, le houblon stimulerait la production naturelle d’œstrogènes sans se substituer à elle, contrairement aux traitements hormonaux de substitution.

Mais par précaution, il vaut mieux éviter d’en consommer en cas d’antécédents de cancer hormonaux.

Amicalement,

Florent Cavaler





[1] Palmioli A, Mazzoni V, De Luigi A, Bruzzone C, Sala G, Colombo L, Bazzini C, Zoia CP, Inserra M, Salmona M, De Noni I, Ferrarese C, Diomede L, Airoldi C. Alzheimer’s Disease Prevention through Natural Compounds: Cell-Free, In Vitro, and In Vivo Dissection of Hop (Humulus lupulus L.) Multitarget Activity. ACS Chem Neurosci. 2022 Oct 25.
[2] Mégane Fleury, Alzheimer : cette boisson apéritive contient des substances protectrices, Pourquoi Docteur?, 8 novembre 2022.
[3] Nouveau revers dans la recherche sur Alzheimer, Les Echos, 30 janvier 2019.
[4] Koetter U, Schrader E et alii, « A randomized, double blind, placebo-controlled, prospective clinical study to demonstrate clinical efficacy of a fixed valerian hops extract combination (Ze 91019) in patients suffering from non-organic sleep disorder. », Phytotherapy Research, 21 (9), 2007, pp. 847- 851.
[5] Schmitz M, Jäckel M, « Comparative study for assessing quality of life of patients with exogenous sleep disorders (temporary sleep onset and sleep interruption disorders) treated with a hops-valarian preparation and a benzodiazepine drug. », Wiener Medizinische Wochenschrift, 148 (13), 1998, pp. 291- 298.

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