Crime affreux en plein jardin

Chaque année, avec le retour du printemps, on voit s’épanouir sur l’herbe des jardins les magnifiques fleurs jaunes des pissenlits.

Champ de pissenlits au printemps

Spectacle émouvant masquant toutefois la tragédie criminelle qui se prépare en coulisses…

Pissenlit : non à la haine !

Car dans le secret des cabanes de jardiniers, des mains nerveuses s’emparent d’herbicides et autres désherbants, histoire de faire savoir à cet envahisseur « inutile » tout le mal qu’on pense de lui.

« Saccageur de gazon », « briseur d’harmonie de pelouse », les griefs sont multiples contre le pissenlit traité comme une vulgaire mauvaise herbe.

Quel dommage… Car cette plante est en réalité un cadeau magnifique que nous fait la nature.

Je ne détaillerai pas ici ses vertus hépatiques (sur le foie) et diurétiques, qui lui valent d’ailleurs son nom, issu du vieux français « pisse-en-lit [1] ».

Mais songez à quel point cette plante est rare. Même lorsqu’elle n’est plus fleurie, la magie opère encore : les graines sont groupées en masse duveteuse dont les aigrettes s’envolent lorsque le vent souffle dessus.

Ce qui faisait dire à un poète de jadis que le pissenlit « est un soleil qui devient voie lactée, un monde d’astres, après floraison ».

C’est autre chose que de la mauvaise herbe, quand même !!

Et j’espère que d’autres utilisations qu’on peut faire du pissenlit, notamment en cuisine, feront réfléchir les désherbeurs acharnés du printemps.

Il y a d’abord la célèbre salade de pissenlits, consommée seule ou en compagnie de roquette et de frisée, avec de l’huile d’olive, du vinaigre et/ou du jus de citron.

Plus original, vous pouvez aussi faire votre propre vin d’apéritif avec les pétales du pissenlit. Pour cela, il vous faudra :

  • 3 litres de pétales de pissenlit
  • 3,5 litres d’eau
  • 2 oranges à peau (bio)
  • 1 citron avec le zeste (bio)
  • 1,3 kilo de sucre (ne vous inquiétez pas, le sucre sera fermenté à l’alcool)
  • 1 paquet de levure de vin
  • 500 g de raisins secs (bio)

Maintenant, on se concentre :

1. Recueillir les fleurs de pissenlit lorsque la plante est ouverte

2. Retirer toutes les parties vertes car elles contiennent des composés phytochimiques qui inhibent l’activité de la levure

3. Faire bouillir l’eau et, dans un grand pot, verser sur les pétales

4. Couvrir et laisser infuser pendant trois jours

5. Récupérer le zeste (partie supérieure de la peau) d’une orange et ½ citron. Peler le reste et le couper en rondelles

6. Ajouter le zeste d’agrumes à l’eau et porter à ébullition

7. Retirer du feu et filtrer les solides

8. Ajouter le sucre à chaud, en remuant jusqu’à dissolution, et laisser le mélange refroidir

9. Ajouter les tranches d’orange et de citron, la levure et les raisins secs

10. Mettre le tout dans le pot avec un couvercle lâche pour permettre l’échappement des gaz pendant la fermentation. Vous pouvez couvrir à l’aide d’un chiffon attaché avec une bande de caoutchouc large.

11. Lorsque le liquide cesse de barboter (après deux à sept jours), le verser à travers plusieurs couches de gaze pour séparer les matières solides

12. Transférer le liquide dans une bouteille

13. Placer un ballon dégonflé au sommet de la bouteille pour vérifier qu’il n’y a plus de production de gaz

14. Lorsque le ballon reste dégonflé pendant 24 heures, vous avez terminé. Vous pouvez fermer les bouteilles et les entreposer dans un endroit frais et sec pendant six mois.

Donc au printemps, quand votre pelouse et le jardin commencent à revenir à la vie, ne déversez pas un tas de pesticides chimiques pour essayer de tuer les «mauvaises herbes». Faites du vin, devenez « vigneron de jardin ».

Varicelle : attention, danger

Lewis Lyons est un petit garçon anglais qui a eu la varicelle.

Pour apaiser les symptômes de la maladie (fièvre et maux de tête essentiellement), ses parents l’ont emmené voir quatre médecins différents qui ont tous prescrit un médicament à base d’ibuprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS).

Résultat, les boutons de varicelle se sont transformés en cloques et la situation a dégénéré en violente septicémie, une infection généralisée du sang, nécessitant une hospitalisation d’urgence.

 

C’était il y a un peu plus d’un an, et aujourd’hui le petit garçon va bien même s’il lui reste d’importantes cicatrices.

Mais il y a un problème : depuis cette affaire, c’est circulez, il n’y a rien à voir.

Personne ne s’est demandé si les médecins avaient fait une erreur, ou si les laboratoires ne devaient pas ajouter un avertissement sur la notice d’utilisation.

Et ce alors même que plusieurs centaines de milliers d’enfants attrapent chaque année la varicelle (en France ils sont entre 600 et 700 000 par an).

La mère de Lewis a donc décidé de publier les photos de son fils malade sur Facebook et là… enfin, les choses ont commencé à bouger.

Les autorités sanitaires britanniques ont déclaré qu’elles « déconseillaient officiellement » la prescription d’ibuprofène chez les enfants souffrant de varicelle.

En France, la Caisse primaire d’Assurance maladie avertit sur son site qu’en cas de fièvre et de douleurs pendant une varicelle, « les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène et l’aspirine sont interdits ».

Merci en tout cas à la maman de Lewis car c’est grâce à elle, et seulement grâce à elle, que de nombreuses autres familles sont maintenant au courant.

Si vous avez dans votre entourage d’autres personnes qui pourraient aussi être intéressées par cette information, transférez-leur ce message.

On refait l’exercice

Je vous ai déjà parlé de cet exercice dans une lettre précédente. Si vous l’avez déjà fait, aucune importance : refaites-le. C’est un moyen excellent d’évacuer son stress.

Allez sur le site www.donothingfor2minutes.com

L’objectif est simple : il s’agit de ne rien faire du tout pendant deux minutes.

Vous allez voir : c’est loin d’être évident, et cela peut vous emmener bien plus loin que vous ne croyez : au fond de vous-même. Bon voyage !

Flash

++ Anti-Stress : la lavande plus forte que le dentiste ! Les chercheurs du King’s College de Londres ont voulu observer l’efficacité d’une huile essentielle sur un problème assez généralement partagé : la peur du dentiste. Il a suffi de diffuser de l’huile essentielle de lavande fine dans la salle d’attente pour que les patients constatent une nette baisse de leur niveau d’anxiété : tranquilles avant d’affronter la roulette !!! Ceux qui n’avaient pas été exposés à la diffusion n’ont pas vu leur stress diminuer d’un iota.

++ Dépression : prenez soin de votre… intestin. De nouvelles recherches viennent de démontrer que chez les personnes âgées de 20 à 55 ans souffrant de dépression, une supplémentation pendant 8 semaines de probiotiques (2 × 10⁹ CFU/g de Lactobacillus acidophilus, 2 × 10⁹ CFU/g de Lactobacillus casei et 2 × 10⁹ CFU/g de Bifidobacterium bifidum) permettrait d’améliorer les symptômes de la dépression et la qualité de vie [2].

++ Vous connaissez le proverbe « Le malade prend l’avis du médecin, mais le médecin prend la vie du malade »… Eh bien, n’hésitez pas à le donner, votre avis, quand vous êtes chez le médecin : une étude Cochrane a montré que lorsque la décision médicale est partagée entre patient et médecin, cela peut réduire de 40 % la prescription d’antibiotiques.

Amicalement,

Florent Cavaler

 





[1] Si le sujet vous intéresse, vous trouverez de nombreux détails sur la fabuleuse histoire du pissenlit, racontée par mon ami Jean-Marc Dupuis, à cette adresse : (https://www.santenatureinnovation.com/le-pissenlit-soigne-nourrit-et-purifie/)

[2] Akkasheh G, Kashani-Poor Z, Tajabadi-Ebrahimi M, and al. Clinical and metabolic response to probiotic administration in patients with major depressive disorder: A randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Nutrition. 2016 Mar;32(3):315-20.

4 réponses à “Crime affreux en plein jardin”

  1. Danysis dit :

    Bien, j’adore le pissenlit à toutes les sauces comme le dit Maryvonne. Nous indiquer une recette en grammes d’herbe serait tout de même plus judicieux… l’alcool est oui, où ? Ok, celui-ci se fait en fermentation, m’enfin, nous ne sommes pas toutes des « chimistes » de la nature… Perso je fais mes TM moi même, et je suis tombée dans la phytothérapie et aromathérapie, avec mes excuses , j’ai rien ou presque compris à vos explications ! 😉

  2. Christine dit :

    Excellent rappel sur les vertus du pissenlit. La recette de l’apéritif est trop tentante, je vais la faire!
    Une astuce pour se débarrasser des mauvaises herbes: les couper, tout simplement. Bien sûr, elles vont repousser, mais pas immédiatement, c’est une surveillance mensuelle ou bimensuelle. Cela évite d’épandre des produits chimiques, et de toute façon, le vent amène toujours de nouvelles graines, donc elles se réimplantent après quelques mois de traitement herbicide.
    Le truc: mettre des protections à ses genoux pour ne pas se faire mal quand on travaille à ras de terre
    le truc(bis): après une séance de jardinage, si on est abonné à une salle de sport, ou si on en a un, faire un peu de banc lombaire, qui permet d’étirer le dos dans l’axe, d’écarter les espaces intervertébraux, donc d’hydrater mieux les disques et éviter les douleurs. Faire du jardin, ça ne veut pas dire « en avoir plein le dos’, hein

  3. CALCAGNO Maryvonne dit :

    Bonjour,
    Merci pour cette lettre des plus intéressantes. Les pissenlits n’ont quasiment plus de secrets pour moi, je les mange, si je puis dire, à toutes les sauces: crus en salades, cuits en soupe, les boutons de fleurs macérés dans du vinaigre (câpres des pauvres), cramaillotte (confiture de fleurs) et j’aimerais essayer votre « vin » mais j’ai un petit souci de compréhension: vous dites « 1,3 kilo de sucre (ne vous inquiétez pas, le sucre sera fermenté à l’alcool) » mais votre recette ne comporte nulle part de l’alcool! Un oubli . Merci de bien vouloir préciser.
    « Naturellement » vôtre
    M.Calcagno

  4. Mariz dit :

    , J’aimerais savoir, quand vous parlez de 2 g de curcuma, si c’est du curcuma frais ou de la poudre. Merci d’avance, et merci pour toutes vos lettres si instructive !Marie

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