À lire si vous prenez des somnifères

Chère lectrice, cher lecteur,

Une étude parue dans le très respecté British Medical Journal vient de montrer que les tranquillisants et les somnifères peuvent multiplier par deux le risque de mourir chez les consommateurs plus ou moins réguliers [1].

Par deux !!!!

Attention, il ne s’agit pas d’une « petite étude vite faite » sur trois malheureux rats de laboratoires, pour tirer une vague conclusion où « l’on s’autoriserait à penser dans les milieux autorisés qu’il pourrait s’agir d’un facteur potentiellement significatif etc. ».

Non : cette étude a balayé 100 000 dossiers pendant plus de 7 ans, avec un tiers de patients qui ont pris des benzodiazépines pendant plus de 3 mois, et deux-tiers qui n’en ont jamais pris.

Bref, c’est du solide. Et les résultats sont à prendre avec beaucoup de sérieux.

Surtout qu’elle intervient après plusieurs autres études, qui ont toutes montré une augmentation du risque de démence liée à ces médicaments.

Réaction des autorités de santé ?

… /…/… (« Tududi, tududi… Le numéro que vous avez composé n’est plus en service actuellement »)

Pas vraiment étonnant. Personnellement, je dirais qu’il n’y a rien à attendre des institutions officielles pour se tenir informé sur ces médicaments.

Dommage, quand on sait qu’ils sont totalement inefficaces au delà d’un usage de trois à quatre semaines.

Et que des pays comme la Suisse, l’Allemagne, le Royaume-Uni et toute la Scandinavie considèrent les thérapies cognitives et comportementales comme les traitements de première intention contre l’insomnie et les troubles du sommeil.

En France, ils restent des traitements « alternatifs… ».

Alors, en attendant que les autorités se réveillent, elles qui ont l’air pour le coup de bien dormir (:-)), je reproduis ici un tableau de synthèse paru dans la revue Révélations Santé & Bien-Être, avec 7 plantes à essayer avant la prise de somnifères.

7 plantes contre l’insomnie

Plante Nom botanique Partie Forme Posologie Remarques
Pavot de Californie Eschscholtzia californica Sommités aériennes EPS 1 à 2 c. à café le soir Éviter en cas de grossesse,

d’allaitement et de glaucome

Coquelicot Papaver rhoeas Pétales Infusion 5 g pour 250 ml d’eau le soir Éviter en cas de grossesse et

d’allaitement

Tilleul Tilia cordata Fleurs

Bractées

Extrait sec 2 c. à café pour 250 ml d’eau le soir Éviter infusion prolongée
Valériane Valeriana officinalis Racine, rhizome EPS 1 à 2 c. à café le soir Prudence en cas de conduite
Griffonia Griffonia simplicifolia Graines Extrait sec 50-100 mg le soir Éviter avec antidépresseurs, chez les femmes enceintes et personnes épileptiques
Orange amère Citrus aurantium Feuilles HE 5-10 gouttes dans un diffuseur
Lavande vraie Lavandula angustifolia Sommités fleuries HE 5-10 gouttes dans un diffuseur

On peut également y ajouter la camomille ou la passiflore, à l’effet antistress reconnu.

Pensez aussi à la mélatonine (hormone du sommeil, dont la production diminue avec les années) ou au tryptophane (acide aminé essentiel pour bien dormir), et à vous supplémenter en cas de déficience.

Et du côté des thérapies comportementales, on peut citer l’hypnose, la relaxation, la cohérence cardiaque, la sophrologie, la méditation, etc.

Lorsque toutes ces pistes – auxquelles ajouter les questions alimentaires (je reviendrai sur l’alimentation qui empêche de dormir dans une prochaine lettre) et la pratique régulière d’exercice physique – auront été testées, alors seulement les somnifères seront peut-être indispensables. Pour une courte période.

Mais en cas de troubles du sommeil, c’est dans ce sens-là qu’il faut procéder : l’alternatif d’abord.

Santé mentale : kit minimum pour se protéger de la démence

Je vous parlais plus haut de démence, associée désormais de façon certaine aux somnifères.

Certains facteurs environnementaux sont depuis longtemps aussi soupçonnés de jouer un rôle dans l’apparition de la démence.

Grâce à une étude de chercheurs écossais, qui ont épluché 6665 études internationales sur la question (là-encore, c’est du solide) on sait plus précisément quels sont ces facteurs environnementaux qui ont réellement un impact sur ce risque de démence [2]. La liste complète est accessible ici, mais je vous propose de découvrir sans attendre les facteurs les plus risqués pour notre santé mentale.

C’est d’abord la pollution atmosphérique, en particulier les oxydes d’azote (déjà responsables de l’effet de serre), l’ozone et le monoxyde de carbone. La pollution de l’air intérieur est aussi concernée : être régulièrement exposé à de la fumée de tabac est ainsi associé à une forme sévère de démence.

Parmi les métaux, notamment présents en trop grande quantité dans l’eau, le principal coupable est l’aluminium. C’est d’ailleurs une étude menée dans le sud-ouest de la France (« Cocorico… ») qui a permis de remarquer qu’une augmentation de 0,1 mg dans l’eau du robinet bue quotidiennement double le risque de développer une démence !

Parmi les métaux lourds, les chercheurs ont constaté qu’une quantité importante de personnes souffrant d’Alzheimer étaient nées dans des aires géographiques plus concentrées en plomb que la moyenne.

Les solvants et les pesticides, herbicides et insecticides s’avèrent particulièrement associés au développement précoce de la démence.

À quoi il faut aussi ajouter : la carence en vitamine D et… le fait de vivre tout près de pylônes électriques !

Kit de survie

Se mettre à distance des centrales électriques, manger bio, éviter l’eau du robinet (sans filtre), vivre le plus possible à l’air pur, se complémenter en vitamine D (les spécialistes recommandent généralement de 2000 UI (unités internationales) à 6000 UI par jour pour un adulte, et de 500 UI à 2000 UI par jour pour un enfant) : voilà le « kit » minimum pour se protéger du risque de démence.

Mais on voit vraiment qu’il y a le feu !

Encore un exemple ? D’autres travaux récents de chercheurs suédois ont mis en évidence que les bactéries antibiorésistantes s’épanouissent particulièrement dans des environnements à forte densité où sont employés des pesticides, des antimicrobiens, des désinfectants, etc. C’est le cas des élevages industriels, mais aussi tout simplement des grandes villes.

À Pékin notamment, ils ont trouvé des gènes de bactéries antibiorésistantes en aussi grand nombre que… dans les eaux usées des égouts de la ville [3] !

On voit que nous sommes cernés de toute part… Et que sans une prise de conscience massive, durable, qui débouchera sur la réduction concrète de ces pollutions, il n’y a pas de miracle à attendre. Même avec un kit complet de survie…

Petit conseil pour l’été prochain

Un peu de soleil quand même, pour ne pas finir déprimé.

Les chercheurs du Leibniz Research Institute for Environmental Medicine de Dusseldorf ont étudié les effets de différents suppléments sur 65 volontaires exposés à deux types de rayonnements : les UVA1 et les UVA/B [4].

Les participants recevaient chaque jour pendant 12 semaines soit 20 mg d’un nutriment à base de lycopène, soit de la lutéine, soit un placebo.

Chez les personnes qui ont consommé l’un ou l’autre de ces deux caroténoïdes, les scientifiques ont constaté une réduction de l’activité des gènes marqueurs de l’inflammation et de la réaction de la peau aux ultraviolets.

Une alimentation riche en lutéine (jaune d’œuf, maïs, carotte, épinards, oseille) et en lycopène (tomate, pastèque, pamplemousse, poivron rouge) renforcerait donc la protection de la peau contre les rayons du soleil.

En 2008, une étude avait déjà montré que les personnes qui ajoutent de la sauce tomate à leurs repas réduisent de 40 % les risques d’avoir un coup de soleil.

Contrairement aux autres végétaux, la tomate possède une biodisponibilité en lycopène nettement supérieure lorsqu’elle est cuite, préparée en sauce ou coupée en dés, que quand elle est fraîche. Bien entendu, il n’est pas question de la consommer sous forme de sauce industrielle au contenu douteux, mais de la cuisiner soi-même, à partir de produits bio.

Une journée réussie

Le 7 juillet 1825, lors de la réception de MM. Droz et Delavigne à l’Académie Française, le poète François Andrieux prononça un discours, comme il est de coutume dans cette respectable assemblée. Avec une petite originalité toutefois : il le fit entièrement en vers. Vous pouvez consulter l’intégralité de son texte ici (bon courage…) : http://www.academie-francaise.fr/discours-sur-la-perfectibilite-de-lhomme ; mais un passage mérite d’être extrait tant sa résonnance est forte dans notre monde actuel, monde qui cherche de façon si criante à retrouver du sens.

Voici ce qu’il écrit :

« À qui puis-je être utile, agréable, aujourd’hui ?
Voilà chaque matin ce qu’il faudrait se dire ; 

Et le soir, quand des cieux la clarté se retire,
Heureux à qui son cœur tout bas a répondu :
Ce jour qui va finir, je ne l’ai pas perdu ;
Grâce à mes soins, j’ai vu, sur une face humaine,
La trace d’un plaisir ou l’oubli d’une peine ! »

 

En lisant cela, j’ai pensé d’abord à tous ces thérapeutes, médecins, soignants, accompagnants, secouristes, etc. dont le métier si magnifique consiste à prendre soin de l’autre, à soulager sa peine.

Mais je crois dans le fond que chacun d’entre nous partage cette belle mission. Car c’est bien notre rôle aussi de temps en temps, avec un cœur plein et généreux, de tenir la main de celui qui souffre.

Et dans ces moments-là, il n’est plus la peine de chercher trop loin : notre vie trouve son sens.

Amicalement,

Florent Cavaler

PS. Et pour vous une journée réussie, ça ressemble à quoi ? N’hésitez pas à le partager avec les autres lecteurs de PureSanté en commentaire de cet article. Et la bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes pas obligés d’écrire en alexandrins 🙂  !





Sources :

[1] Weich S. et coll. Effect of anxiolytic and hypnotic drug prescriptions on mortality hazards: retrospective cohort study. BMJ 2014 : 348-351
[2] Environmental risk factors for dementia: a systematic review
[3] The structure and diversity of human, animal and environmental resistomes
[4] Pour rappel, les UVA représentent 95 % des rayons UV qui atteignent la surface terrestre. Ils sont responsables du bronzage mais aussi du vieillissement de la peau, de l’apparition des rides et pourraient même favoriser l’émergence de cancers.

8 réponses à “À lire si vous prenez des somnifères”

  1. HILAIRE dit :

    Mon mari atteint de Parkinson a pris du LEXOMIL pendant plus de 30 ans, aujourd’hui c’est de l’Alprozolam le soi.
    Je reste persuadée que c’est à cause de cela qu’il est atteint de cette maladie neuro dégénérative, diagnostiquée en 2010. qu’en pensez vous?

  2. Christiane dit :

    Nous les psychotiques, nous passons à la mauvaise saison, le moment qui nous fait peur, on va encore changer d’heure, la clarté viendra top tôt, la nuit nous fera défaut, après ce sera l’inverse, c’est surement un coup des perses. On n’en a mare..!!! ils nous font même de la pub pour les cours de pilotage d’avion. …Voyez…Arrêter le décalage horaire, jamais ça rapporte trop et je n’ignore rien des menaces qui courent subjectivement contre cet arrêt.
    Voilà, juste pour un petit bout d’un de mes poèmes sur le temps
    A Chronos
    Et elle interrogeait le temps.
    Dis, que faisais tu donc avant ?
    Je passais mon temps à me taire,
    avant que tu sois solitaire….

  3. bohere michel dit :

    bonjours monsieur dans votre lettre vous soulignez le danger de vivre a proximite de pylones electriques que pensez vous des eoliennes a 500m des maisons ? dans l attente de vous lire

  4. Bergaentzle Simone 51 rue du Meunier Mulhouse dit :

    je prends des benzodiazepines depuis bien l’âge de 30 ans et j’en ai 84;je ne pense pas donner des signesde démence;bien sûr,j’ai des troubles de la mémoire depuis longtemps.Depuis que je ne travaille plus,j’ai arrêté les tranq.:un Prazepam &à de temps en temps(10mg)mais il me faut toujours un demi Zopidem pour m’endormir tout en me couchant entre 11 hres et minuit.Je prends des gelules de Valeriane.

  5. Bernard Brassac dit :

    Contre les insomnies c’est simple ! Plus simple que de se lancer dans des décoctions de plantes dont je ne nie pas, en outre, leur propriétés : Prenez 5 granules de GELSEMIUM 9 CH juste avant d’aller au lit.

    En ce qui me concerne cela marche à 100%.

  6. Fabienne dit :

    Une journée réussie:
    C’est quand, dès le matin, je vois le ciel bleu et un beau soleil dans le ciel. Quand j’entend les oiseaux chanter.
    C’est quand mon enfant se blotti dans mes bras.
    C’est quand un inconnu me souri et que je lui rend ce sourire.
    C’est quand nous partageons un repas en famille et que j’observe discrètement les rires, la complicité de mes grands enfants et de leurs amis.
    C’est quand, le soir venu, nous regardons un film avec mon amoureux, côte à côte dans le divan.
    Une journée réussie, ce sont de petites choses, des petits bonheurs alignés et fugaces…
    Attention à y faire attention!!!

  7. Badiez dit :

    concerne le poème de mr Andrieux :
    pourquoi avoir oublié les 2 premiers vers ?
    « Vivre en soi ce n’est rien.
    il faut vivre en autrui  » .
    Ce poème fait partie de mon cadre de vie et il s’intitule « la Bonté » . Je l’ai sous les yeux chaque jour !
    bonne journée.
    FB

    • Douchka dit :

      Le poème de Mr Andrieux semble inspiré de celui de la poéresse belge Alice NAHON écrit en néerlandais : AVONDLIEDEKE.
      Je le trimballe dans mon coeur depuis mes années d’étude il y a ….plusieurs décennies…..
      Prenez soin de vous !

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